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Le plastique à usage unique, grand gagnant de la crise du coronavirus ?

« Relance verte », « monde d’après », les terminologies ne manquent pas pour évoquer une volonté politique de profiter de la crise économique pour accélérer la transition écologique. Pourtant, planent au-dessus de cette ambition des acteurs déterminés à profiter de la situation sanitaire pour faire valoir leurs intérêts. Ventant les prétendues vertus hygiéniques du plastique à usage unique les lobbys pro-plastiques mènent actuellement une lutte acharnée pour faire reculer les décisions prises par les politiques en France et en Europe.


Le fléau de l'usage unique

Les lobbys pro-plastiques : le retour de la force


Depuis quelques années, le plastique à usage unique n’a pas la côte ni à Paris ni à Bruxelles. En 2019, l’Union Européenne s’était donnée jusqu’à juillet 2021 pour interdire les plastiques à usage unique les plus courants tels que les pailles, les Coton-Tige ou autres couverts. En France, ce sont les gobelets qui sont interdits depuis le 1er janvier 2020, et si le décret d’application ne concerne pas les gobelets utilisés comme emballage (distributeurs…) il s’agit là d’une avancée conséquente dans la lutte contre le jetable.

Cependant, les lobbys pro-plastiques ont vu dans la crise sanitaire un argument de taille pour lutter contre la fin de l’usage unique : contrairement au réutilisable, l’usage unique serait une barrière face à la propagation du virus. Une intense campagne de lobbying a donc été lancée par les géants du secteur qui, à coup d’articles prétendument scientifiques et de communication, tentent d’impacter les décisions politiques. Il en va de même aux États-Unis où un article fréquemment cité interpelle les consommateurs sur l’utilisation des sacs réutilisables. L’étude américaine affirme que ces derniers renferment le virus et participent donc à sa propagation. Cependant, financée par le Conseil Américain de l’industrie de la chimie, qui représente les intérêts de l’industrie chimique américaine, cette étude est à nuancer. Une autre étude, réalisée par l’ONG Greenpeace, montre qu’en réalité, le plastique est l’un des matériaux sur lequel le virus est le plus résistant. En février 2020, l’association publiait un article embarrassant pour l’industrie de la plasturgie montrant que le virus pouvait survivre jusqu’à neuf jours sur une surface plastique.

En cette période de trouble, les lobbys jouent à la fois du déficit de transparence sur la question du lobbying qui réside en France et en Europe, mais également du sentiment de peur, partagé par un grand nombre de citoyens. Leur objectif est clair : obtenir la suppression ou le report des mesures environnementales prises par les politiques au cours des dernières années.


Le rôle des politiques, entre résistance et ambition


Si, du moins en Europe, les hommes et les femmes politiques semblent tenir bon face aux lobbys pro-plastiques, la pression reste très forte notamment lorsqu’est évoqué l’argument économique. La crise sanitaire doublée de la crise économique qui s’en est suivie a mis à mal la trésorerie d’un nombre important d’entreprises qui, aujourd’hui, mettent en avant leurs difficultés financières pour tenter de reculer la mise en place de mesures écologiques. Cet argument est valable pour le secteur du plastique à usage unique mais également pour les transports ou l’agriculture. Au nom de la « souveraineté alimentaire » les fédérations d’agriculteurs, et notamment la FNSEA, demande par exemple une réduction des normes environnementales déjà mises en place.

En cette période de crise et d’incertitude, le rôle du politique prend tout son sens. Et comme bien souvent en politique, s’affrontent alors deux temporalités : le court et le long terme. Si, comme le prône les lobbys pro-plastiques, l’usage unique semble être la solution à très court terme, nous connaissons les risques et les conséquences écologiques désastreuses d’une surconsommation de plastique jetable sur le long terme.



La relance économique suivant la pandémie de COVID-19 offre donc deux possibilités aux politiques. L’ancien monde ou le monde d’après. Le statu quo ou la lutte contre le dérèglement climatique. Le conservatisme ou le progressisme. Si les français semblent attachés à la mise en œuvre d’une « relance verte » ; sans réelle ambition politique, la mise en place de ce monde d’après semble vouée à l’échec.

La pandémie du COVID-19 a renforcé les positions des lobbys pro-plastiques et a sans doute affaibli celles des ONG qui, face aux frustrations des consommateurs, préfèrent rester discrètes sur la question du plastique jetable. S’il est encore trop tôt pour dire que le plastique sera le grand gagnant de la crise sanitaire, cette dernière aura montré la fragilité des politiques sur les questions écologiques. Une vision concrète et assumée de l’écologie doit être promue par les politiques pour pouvoir lutter contre les forces réactionnaires en place.

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