Hardware Development: How Can Frugality and Innovation Go Hand in Hand?
- Feb 25, 2022
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How can frugality and hardware development go hand in hand? An interview with Maxime PRIETO, co-founder and Chief Operating Officer at Auum.

Can you tell us about your background and professional journey?
After graduating from engineering school, I discovered the industrial sector at Supratec, a company specialising in the distribution of industrial products.
That internship turned into a professional opportunity in 2016, and I quickly moved into management roles. I first headed one of Supratec’s subsidiaries before becoming Head of the Supratec Synergies design office in 2017. The department had several objectives: developing proprietary products, deploying them under the company’s name and filing patents.
After three years, I became Managing Director and Vice-Chairman of the company’s Management Board, a position I held until January 2020.
That year, I embarked on the Auum adventure. I decided to put all the expertise I had gained in business management and industrial product development to work for the company.
As an innovation expert and specialist in the industrial sector, how would you define hardware?
Hardware is often contrasted with the digital products that have developed rapidly in recent years, such as platforms and SaaS solutions — Software as a Service.
Auum takes a hardware-based approach. We are dealing with the “hard” side of things, meaning we are directly confronted with physical materials.
Hardware means developing technologies using several scientific disciplines, including mechanics, fluid mechanics, chemistry and others. These technological innovations will often subsequently be the subject of a patent application.
Hardware is therefore, above all, an inventive activity. The biggest challenge is going from zero to one — in other words, creating something.
It is the materialisation of an innovation that begins with a problem or an idea and ultimately becomes something concrete and tangible.
I think that is what fundamentally distinguishes hardware from software, which remains more abstract and less tangible.
You seem to contrast hardware and software. Is there no way for the two to complement each other?
From the very beginning, Clément (editor’s note: Clément Houllier) and I have strongly believed that we should not develop hardware alone, but rather connected hardware.
We are convinced that a hardware product reaches its full potential when it is interconnected with the environment in which it operates.
A machine like ours, if it were simply placed on a piece of furniture, could already provide a good experience. But that alone would not be enough to fully delight our customers and users.
That is why, from the outset, we designed the machine with an architecture built to be connected.
This added value forms the basis of Auum’s business model. We created TaaS — Technology as a Service.
We believe that hardware reaches the cutting edge of technology when it is enhanced by software.
Now that we understand your vision of hardware, can you explain the inherent difficulties involved in developing it?
The challenges of hardware product development appear at every stage of the process and require a high degree of agility.
Developing a hardware product is far more complex than developing software.
Even though highly advanced simulations exist, at some point you have to manufacture the product and confront reality.
These tests are moments of truth.
For example, you manufacture components and then realise during assembly that something that worked perfectly in a virtual environment does not perform as expected in reality.
Sometimes the difference comes down to just a few hundredths of a millimetre.
Hardware development therefore involves iterations that can become expensive when mistakes accumulate. But I would say that this is an unavoidable part of the process.
In hardware innovation, getting everything right on the first attempt is an enormous challenge.
In short, hardware requires not only time, but also unavoidable financial investment.

Dans ce cas, comment envisager le développement d’un hardware dans un contexte de frugalité ?
Il est certain que lorsqu’on a beaucoup de budget, l’impact financier des erreurs se sent moins. Mais l’enjeu réside ici dans la manière de développer du hardware de façon frugale. Pour moi, il y a quatre aspects majeurs à prendre en compte dans ce contexte.
Apprendre à faire les choses soi-même
Tout abord, il faut avoir confiance dans sa capacité à être très pro-actif de manière collective. Avec une petite équipe, il faut être en mesure de sortir de sa zone de confort. Il faut oser, il faut se former et monter en compétences afin de garder la maîtrise sur son innovation. Je pense que dans un premier temps, frugalité rime donc avec capacité de faire les choses soi-même.
Focaliser son énergie d'abord sur les priorités
Deuxièmement, il faut être capable de mettre en place des méthodes de fonctionnement et de développement de produits. La manière la plus efficace est d’adopter un fonctionnement par itération, d’y aller « step by step ». Il ne faut pas tenter de tout faire en une seule fois. Il s’agit au contraire de se concentrer sur ce qui fait la vraie valeur ajoutée du produit. Pour cela on se pose la question suivante : quelles sont les verrous technologiques les plus importants à solutionner ? Les réponses à cette question permettront de déterminer les nœuds à défaire en priorité. Dans un contexte de frugalité, cela nous apprend à mieux prioriser notre énergie.
Maîtriser les interfaçages de son produit
Troisièmement la frugalité passe par une grande capacité à maîtriser les interfaçages. Pour moi dans le développement hardware le diable se situe dans les interfaçages; lorsque l’hydraulique cohabite par exemple avec la mécanique ou l’électronique embarquée. L’attention doit se porter sur la manière dont tous les sous-ensembles vont bien communiquer les uns avec les autres. On peut remarquer que dans le développement d’un produit hardware les problèmes ont souvent lieu à ce niveau-là.
Privilégier les tests concrets dès que possible
Enfin, toujours dans un contexte de frugalité, on peut faire toutes les simulations du monde mais cela ne suffira pas. À un moment donné, il faut être dans le concret et ça, c’est un élément clé. Je pense que la stratégie que le POC, « proof of concept », ou un « crado test », est incontournable. Il faut faire rapidement des expérimentations sans forcément avec les produits complètement aboutis. Il est important de tester les choses, dès que possible dans le concret, même avec de très faibles moyens. Cela permet de conforter les décisions technologiques et de bien avancer.
En parlant de chose concrète, comment s’est passé le développement de la technologie auum-S ?
Nous avions commencé le développement de la auum-S en sous-traitant le produit auprès de bureaux d’études. On partait du principe que travailler avec des experts était la meilleure solution. Notre équipe s'st vite rendu compte des limites de ce modèle de fonctionnement. Tout abord, ils ne connaissaient pas aussi bien que nous les besoins. Deuxièmement nous n’avions pas la main sur notre produit pour y apporter des modifications. Tout cela est vite devenu trop contraignant.
Le moment charnière a été un séminaire auum début 2020. Notre premier prototype a été réalisé par un partenaire. Après de longues heures d’essais et d’analyse, nous restions bloqués sur de nombreuses problématiques techniques pour lesquelles nous n’avions aucune maîtrise. Et puis ce jour-là nous nous sommes dit : « on va faire comme Tesla et tout faire par nous-même ». Nous avons alors internalisé tout notre processus de développement produit. C’est comme cela que nous avons créé notre premier prototype fait maison. Nous l'avons baptisé « Teslauum » en hommage à Tesla et sa vision du modèle intégré. Ce revirement est aujourd’hui ce qui fait notre force.
Pour conclure cette interview, peux-tu nous dire en quelques mots comment envisages-tu l’avenir du hardware ?
Ce qui est certain, c’est qu’en France, nous avons la chance ! Nous avons des écoles d’ingénieurs et un système universitaire qui permettent d’acquérir de solides compétences techniques. Ce qui manque à l’écosystème actuel, ce sont des leviers de financement. Ils demeurent bien trop rares et complexes pour les raisons abordées. Cependant, je vois dans le développement de tels produits un renouveau du modèle industriel. Je suis convaincu qu’en France, nous avons largement les capacités de développer de nouvelles technologies. C’est une excellente chose que l’État encourage la ré-industrialisation. Je suis persuadé qu’une bonne partie de la souveraineté de la France et de l’Europe passe par une nouvelle ère industrielle, moderne et définitivement responsable.


