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Les Cerisiers des Perroquets

Mis à jour : 15 juil. 2019







Une nuit que Renard et ses amis sur leur île dormaient,

Un perroquet malade posé par la mer

Arriva sur le sable et mourut sur la plage.

Inconscient du danger, ils le mirent en terre

Sans savoir qu’il traînait dans son gros œsophage

Ce qui l’avait tué : un noyau de cerise tout enflé.

La Mort se transforma en Vie, et le noyau devint forêt,

Séduisant par ses fruits un clan de volatiles

Avides de douceurs, paresseux et gourmands.

Fort bien, se dit Renard, le sol sera fertile

Et la terre bien riche avec leurs excréments.

Il ne pensait pas si bien dire, rendu fous, les perroquets

Se ruaient sur les cerisiers, s’empiffraient, rongeaient, obsédés

Par la douceur du fruit ; tous les oiseaux des lieux

Étaient venus croquer les cerises, et bientôt,

Sous cette grasse nuée, le tapis fangeux

Produit par les dépôts de ces oiseaux patauds

Devint tant abondant que les arbres en étaient intoxiqués.

Trop nombreux ils étaient, beaucoup trop ils mangeaient, et alarmés,

Les autres animaux demandèrent à Renard

De trouver un moyen

De sauver leur îlot de pareil cauchemar,

D’arrêter le déclin.


Alors Renard alla parler aux oiseaux pour les raisonner,

Leur expliquer leur intérêt à manger mieux, et le danger

De produire autant de déchets dans la région.

Se moquant du danger, goguenards et railleurs,

Les oiseaux l’ignorèrent, et la situation

Bascula promptement dans l’horreur et l’aigreur :

L’amas acide de guano se répandit dans la contrée

Les végétaux agonisaient, et les oiseaux furent obligés

D’avouer que leur île mourrait et par leur faute.

Ami lecteur, pourtant, le prudent est savant.

Renard l’avait bien dit, et c’est la tête haute

Qu’il leur répondît quand vint l’heure du bilan.

Les volatiles allèrent chez lui trouver conseil, et s’excuser.

« Égoïstes feignants, vous pleurez maintenant ! C’est terminé,

Il vous fallait, avant, penser au contrecoup

De votre suffisance et de votre insouciance.

Je n’ai rien à vous dire, allez dans votre boue,

Votre juste sentence est cette pestilence. »


Contraints par la nécessité, la faim, le regret du passé,

Et assagis par leurs erreurs, Renard les jugea enfin prêt

A freiner le malheur qui frappait le pays.

Connu de Renard seul, derrière une cascade

Se trouvait un grand parc, gorgé d’eau et de vie,

Épargné des oiseaux, ni sali ni malade,

Rempli d’immenses cerisiers. Ils savaient comment consommer

Dorénavant, et ils agirent avec responsabilité,

Chérissant cette chance étrange et imprévue.

Avec l’eau et le temps, la fange s’estompa,

L’île guérit enfin, et plus jamais l’abus

Ne dompta le bon sens, qui depuis règne en roi.


Renard a eu du flair :

L’épreuve du malheur est le meilleur des maîtres,

Car c’est dans la misère

Qu’on veut sur le passé s’ouvrir une fenêtre.


L’acte engagé l’emporte

Quand il terrasse enfin la procrastination.

Il inspire, il exhorte,

Il ouvre le chemin vers notre évolution.



écrit par Martin Monnot

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