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L'impact environnemental de la vaisselle

C'est ton tour de faire la vaisselle !


On a tous déjà entendu cette phrase assez évocatrice de la corvée qu'est la mission de faire la vaisselle. Faire la vaisselle, ce n'est pas séduisant : personne n'a envie de prendre du temps pour laver ses assiettes, ses couverts et ses tonnes de plats sales. En plus de son aspect peu attrayant, on néglige souvent son impact environnemental. Cela peut paraitre contre-intuitif mais les lave-vaisselles les plus économiques sont aujourd'hui bien plus écologiques qu'une vaisselle réalisée à la main avec des litres d'eau bouillante qui coulent abondamment du robinet.


Afin de mieux comprendre l'impact environnemental de la vaisselle, nous avons cherché à rassembler l'ensemble des caractéristiques de la vaisselle : la consommation d'eau, les éponges et le fameux liquide vaisselle que l'on utilise à outrance.



Une eau qui coule à flots


L'impact de notre consommation d'eau dépend de nos habitudes en terme de vaisselle. Sur ce point, différentes écoles s'affrontent :

- Ceux qui préfèrent l'eau froide : plus écologique, mais pas forcément très agréable pour les mains et dont l'efficacité est questionnable sur les surfaces grasses ;

- Les partisans de l'eau tiède : agréable pour les mains, plus efficace, mais moins écologique ;

- Les durs à cuire, ceux qui se brûlent les mains à l'eau chaude : une technique certes efficace mais une catastrophe environnementale lorsque l'on se penche sur l'impact écologique de cette eau.


Une eau chaude est forcément plus polluante car elle nécessite un apport d'énergie plus important. Donc si l'impact carbone d'une eau froide est presque nulle, une eau tiède commence à émettre 540g de carbone. Quant à l'eau très chaude, cette dernière émet entre 770 et 990g de carbone lorsque sa température est comprise entre 55 et 65°C.


Le débit de l'eau est également à prendre en considération. Il y a une différence entre ceux qui utilisent l'eau avec parcimonie et ceux qui laissent le robinet ouvert pendant des heures. On estime à 8000g l'émission de carbone dû à un robinet laissé ouvert.


En fonction des habitudes de chacun, la consommation d'eau pour une vaisselle à la main peut avoir un impact environnemental catastrophique ; dans ces cas là, il est largement plus responsable d'investir dans un lave-vaisselle.


Des éponges pas toutes écologiques...


Utilisées depuis les crétois deux siècles avant notre ère, les éponges continuent d'être l'outils principal du nettoyage. L'invention de l'éponge en cellulose en 1932 a permis de réduire leur coût puisqu'elles étaient encore pêchées dans la mer Méditerranée, mais a initié une nouvelle dynamique d'innovation peu écologique. Quelques années plus tard, les éponges 100% synthétiques signent la fin des éponges biodégradables au profit de matériaux plastiques très polluants à la fois pour l'environnement et pour la santé des consommateurs.


Bob l'éponge ?



L'éponge naturelle, pêchée dans la Méditerranée a l'avantage d'être parfaitement écologique. De plus, ces éponges ne possédant pas de terminaisons nerveuses, l'animal ne souffre aucunement lors de sa pêche. De moins en moins utilisée, on remet aujourd'hui en question le fait d'utiliser des animaux pour nos corvées de vaisselle. Le nouvel engouement qui est né autour de cette éponge naturelle et écologique pose de nombreuses questions notamment sur l'impact que cette pêche peut avoir sur les fonds marins. Il existe des "élevages" d'éponges et ces dernières sont bouturées afin d'être exploitées, mais l'écosystème marin reste un environnement fragile que la hausse de la température ne fait qu'aggraver. Une surexploitation de cette faune marine est ainsi assez mal vu par les spécialistes.


L'éponge cellulosique


C'est notre plus grande fierté puisqu'elle a été inventée par la marque française au hérisson : Spontex. Fabriquée à partir de cellules végétales comme les fibres de bois, de lin ou de coton, elle est censée être biodégradable et recyclable à l'infini. Censée seulement, puisque les nombreux produits chimiques ajoutés à sa composition augmentent considérablement son empreinte environnementale. Le sulfure d'hydrogène ou le sulfate de sodium sont les principaux additifs à une préparation initialement naturelle.


Si la marque originaire de Beauvais n'a pas pris d'engagement sur les origines des matières premières utilisées, ils affirment avoir mis en place des mesures afin de limiter la consommation en eau, en gaz ou en électricité afin de limiter l'impact de la fabrication de leur éponge sur l'environnement. Alors greenwashing ou réel engagement écologique, les éponges Spontex restent très polluantes notamment à cause des produits chimiques utilisés mais également à cause de sa face abrasive.


Vous savez ? Cette partie verte qui sert à gratter les tâches.


Sa composition, la colle utilisée afin de la fixer sur la partie jaune de l'éponge impactent grandement l'empreinte écologique de l'éponge cellulosique. La face abrasive tout comme la colle sont d'origine synthétique et ont donc un impact environnemental bien plus important.


L'éponge synthétique



Fabriquées à partir de mousse de résine dérivée du pétrole, les éponges synthétiques tentent de reproduire les propriétés absorbantes des éponges naturelles. Elles figurent tout en bas du classement des éponges, avec un impact environnemental catastrophique. De sa fabrication, à sa commercialisation, en passant par son utilisation et sa fin de vie, l'éponge synthétique apparait comme la pire élève de la classe.

Sa fabrication nécessite des quantités de ressource et d'énergie très importantes. Contrairement à ses cousines naturelles ou cellulosiques, l'éponge synthétique est 100% issue de la pétrochimie. Sa face abrasive n'a rien à envier à celle que l'on évoquait précédemment car elle ne fait qu'augmenter son impact environnemental.

Sa commercialisation est loin d'être un exemple écologique non plus. Les nombreux emballages que l'on retrouve autour des éponges, qu'elles soient 100% synthétiques ou cellulosiques, ne font qu'empirer les choses.


Faut que ça mousse !

En France, c'est 137 millions de litres de liquide vaisselle qui sont consommés chaque année. Ce produit que l'on utilise tous afin de faire mousser la vaisselle est principalement composé de tensioactifs. Ce sirop visqueux est fabriqué dans des usines pétrochimiques avant d'être complété par des colorants, des parfums de synthèse, par les fabricants de liquide vaisselle.


Cependant, c'est une fois sur le bord de l'évier que le liquide vaisselle a un impact considérable sur l'environnement. Si sa fabrication est très consommatrice d'énergie et de matières premières non-renouvelables, c'est son utilisation par le consommateur qui a le plus d'impacts sur l'environnement.


On a tendance à croire que plus ça mousse, plus ça nettoie ; donc on n'hésite pas à appuyer 2-3 fois sur la bouteille afin de multiplier la quantité de liquide vaisselle utilisée. En réalité, plus de mousse ne signifie pas forcément un nettoyage plus efficace. De plus, c'est en utilisant trop de liquide vaisselle que l'on multiplie l'impact environnemental de la vaisselle. Certains tensioactifs comme les cationiques peuvent être très polluants pour l'environnement, et notamment pour l'eau. D'autres particules présentes dans le liquide vaisselle sont également nocives pour notre santé.



La vaisselle, mission si anodine et familière, a pourtant plus de conséquences qu'il n'y parait. La somme de toutes les composantes de la vaisselle multiplie l'impact de la vaisselle sur la planète. De plus, de mauvaises habitudes comme celle de laisser l'eau brulante coulée abondamment, la sur-utilisation de liquide vaisselle ou l'achat d'éponges synthétiques augmentent l'empreinte écologique de la corvée.

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